Escalier_Bnf_5684d_9654cPremier article militant (à mon avis il y en aura d'autres... toujours en pure perte hélas) : je m'insurge contre la future destruction de l'escalier d'honneur de la BNF sur son site historique de la rue de Richelieu. Un projet d'envergure dont les premiers travaux ont déjà commencé depuis plusieurs mois vise à rénover ces locaux qui n'obéissent plus aux normes de sécurité dans de nombreux domaines. Très bien. Mais évidemment, il est de bon ton d'accompagner cela par une révision de l'accueil du public et des espaces communs... bref c'est là qu'interviennent les architectes contemporains et le gaspillage d'argent... Les nouveaux architectes ont décidé que cet escalier était mal placé  et gênait "la lisibilité" du hall... on croit rêver. Un petit détail : ce monument est inscrit à l'Inventaire  supplémentaire des Monuments Historiques : qu'à cela ne tienne, on démolit ! Bel exemple pour les vandales en puissance – privés ou publics – si les institutions culturelles du pays crachent sur les principes basiques de la protection du patrimoine.

Pour connaître plus précisément l'affaire, lisez ce –court – article de la Tribune de l'Art, excellent journal en ligne qui dénonce, parfois avec succès, les scandales comme celui-ci et informe également de l'actualité des expositions et de l'histoire de l'art au sens large (lien permanent dans la colonne de gauche).

Cet escalier est historique, cet escalier est beau, cet escalier est monumental... simplement, depuis 1866, il a été emprunté – et continue de l'être jusqu'à nouvel ordre – par des chercheurs jeunes ou vieux se rendant au cabinet des manuscrits, par des visiteurs passionnés ou novices désireux de découvrir les merveilles du cabinet des médailles ou les expositions importantes installées dans la Galerie Mazarin. 

De la maîtrise au doctorat, j'ai gravi bien souvent ces marches adoucies par le tapis rouge moelleux pour me rendre au cabinet des manuscrits ... et à chaque fois j'ai ressenti la grandeur et la noblesse de ce lieu de savoir grâce à ces vénérables degrés.